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Bouli année zéro

Fabrice Melquiot

 

France

Né en 1972, pas même quadragénaire, Fabrice Melquiot a déjà à son actif une bonne trentaine de textes divers, sans compter ceux qu’il est probablement en train d’écrire en ce moment même… Voilà un homme carrément multiple, et depuis toujours attiré par le théâtre, sur lequel il compte pour sortir d’un monde qu’il n’apprécie guère. Sans pour autant lui tourner le dos. Au contraire pour le regarder bien en face, le comprendre peut-être. Tout au moins le rêver, s’en moquer aussi…
Au départ, il se veut comédien. En 1998, il rencontre Emmanuel Demarcy-Mota – de deux ans moins jeune que lui - qui prépare Peine d’amour perdue, pour lequel il passe une audition, à qui il confie ses rêves d’auteur, et puis un texte : les Petits mélancoliques, donné en lecture au Forum culturel de Blanc Mesnil.
Entre eux, s’établit une mutuelle confiance, et commence une collaboration permanente. Nommé directeur de la Comédie de Reims puis du Théâtre de la Ville, Emmanuel Demarcy-Mota nomme Fabrice Melquiot artiste associé et le garde en tant que tel. Ce qui entraîne celui-ci, sans le moins du monde l’effrayer, dans toutes sortes d’actions diversement culturelles.
En plus il voyage, et surtout écrit. Il lui suffit parfois d’une rencontre, d’une simple image, pour que se mette en route son imagination, et à partir de là, son écriture. Donc, au retour d’un séjour en ex Yougoslavie cinq ans après la guerre, il fait lire à Emmanuel Demarcy Mota le Diable en partage. Histoire d’un déserteur serbe et de ses amours interdites avec une musulmane. Une histoire qui va et vient d’un lieu à l’autre, d’un sentiment à l’autre. Créée en 2002, en même temps qu’un monologue, l’Inattendu - sur le thème de la guerre encore, mais cette fois en Afrique - la pièce scelle l’association de l’auteur et de son metteur en scène, qui se poursuit notamment avec Marcia Hesse, et Ma vie de chandelle
La reconnaissance est immédiate, et le succès. Pourtant, l’écriture de Fabrice Melquiot, ne suit pas le cours de que l’on pourrait nommer « logique rationnelle », mais plutôt les mouvements d’une logique des sentiments. À le lire, par moments on risque de se perdre. Il fait partie de ces écrivains dont les mots ont besoin d’être parlés, de s’incarner.
Une fois sur scène, tout devient simple. La preuve : en grande partie, le théâtre de Fabrice Melquiot s’adresse aux jeunes et même très jeunes publics. Ainsi est né le premier de ses héros : Bouli Miro. Gamin rondouillard – tel que l’auteur lui-même en son jeune âge, du moins l’affirme-t-il – curieux de tout, amoureux éperdu, entrainé dans de mirobolantes, effrayantes aventures. D’autres le suivent et lui ressemblent. Il s’agit là d’un théâtre qui ne mise pas sur la prétendue naïveté de son public, mais sur sa terrifiante clairvoyance, ses jugements abrupts, son impitoyable besoin de savoir. Cela dit, tout n’est pas permis :
« On peut affronter de grandes peurs au théâtre comme dans les contes de fées. Mais je ne peux pas asséner le désespoir ; quand j’écris depuis l’enfance, j’espère au moins une promesse. »

© CRIS

Colette Godard

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