Juste la fin du monde

Jean-Luc Lagarce

 

France

Parcours de l’auteur

Premiers pas
Né en 1957, Jean-Luc Lagarce écrivit sa première pièce de théâtre alors qu’il n’avait pas 20 ans. Étudiant en philosophie à Besançon, surveillant d’internat la nuit, il suivait également des cours de théâtre au conservatoire de Région. Avec d’autres élèves, il avait fondé la compagnie La Roulotte avec laquelle il commençait à mettre en scène et pour qui, surtout, il écrivit ses premiers textes. Encouragé notamment par Théâtre Ouvert, scène parisienne chargée de promouvoir les écritures théâtrales contemporaines, et Lucien Attoun, qui publie ses pièces en tapuscrits, les fait enregistrer pour la radio et mettre en scène ou en espace par d’autres dramaturges, Lagarce aura pourtant beaucoup de difficulté à faire accepter son écriture.

Un théâtre de la parole
Bien qu’au fil du temps ses mises en scène de textes classiques ou contemporains, ses adaptations même, connaissent des succès de plus en plus grands, ses propres textes demeurent confidentiels : paradoxalement, son écriture paraît à l’époque trop complexe, alors qu’elle passe aujourd’hui pour presque classique. Elle déroute le public précisément parce qu’elle semble ne pas se poser la question de la théâtralité. Les personnages parlent d’eux successivement à la première et à la troisième personne, oscillant constamment entre retour sur le passé et impossibilité à projeter leur parole vers un futur incertain, tremblant ; la « fable » est dépouillée, les événements ou péripéties rares, l’intrigue se nouant presque exclusivement au niveau de l’échange, de ses ratés, des détours du discours, de la difficulté de son émergence. Ce théâtre de la parole, qui travaille la langue comme son principal matériau, déconcerte également les metteurs en scène, qui seront peu nombreux à monter ses pièces de son vivant et dont certains disent, aujourd’hui, que Lagarce était peut-être « en avance sur son temps ».

Metteur en scène comblé… auteur en peine
En 1990, après que Juste la fin du monde a été refusé par tous les comités de lecture, Lagarce n’écrit plus, dit-il lui-même, pendant plus de deux ans. Il se concentre sur son travail de metteur en scène, remportant de vrais triomphes, toujours avec La Roulotte : La Cantatrice chauve de Ionesco, Le Malade imaginaire de Molière… Il reviendra à l’écriture théâtrale en l’abordant par le biais d’autres textes : ainsi, Les Règles du savoir-vivre dans la société moderne s’inspire d’un manuel du XIXe siècle ; Nous, les héros est un jeu de collage et de centon d’après plusieurs œuvres de Franz Kafka. Avec ses deux dernières pièces, J’étais dans ma maison et j’attendais que la pluie vienne et Le Pays lointain, achevé quelques jours avant sa mort, Lagarce déploie tout son art pour atteindre le point culminant de son œuvre.

Une reconnaissance posthume
Depuis sa mort en 1995, l’écriture de Jean-Luc Lagarce est de plus en plus appréciée, lue, jouée, étudiée. Elle parvient enfin aux lecteurs et aux spectateurs dans toute sa poésie, son originalité, son universalité. Il est l’un des auteurs contemporains les plus mis en scène en France et les plus traduits, de la Russie à l’Amérique latine, en passant par toute l’Europe.

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