Nous, les héros (version sans le père)

mise en scène Guillaume Vincent

 

Note d'intention

par Guillaume Vincent

On essaie comme on peut de survivre, ou mieux de donner l’illusion d’exister.

Je crois que Nous, les héros sera un spectacle dédié aux acteurs. À tous les acteurs. J’aimerais que ceux qui sont sur le plateau représentent tous les autres. C’est pour cette raison que je rêve d’une distribution aussi hétérogène que possible. Prendre le risque de réunir des gens dont on ne sait pas à l’avance ce qu’ils ont en commun, dont on n’est pas très sûr qu’ils parlent déjà la même langue. Faire se frotter des théâtralités violemment différentes, parfois même opposées, sans savoir forcément quel spectacle il en naîtra. Sans idée préconçue du résultat. Une expérience en somme. Avec des acteurs que j’aime, ou qui me fascinent carrément. Au fond, ce n’est pas une troupe de théâtre que je constitue ici, mais quelque chose comme une famille. Personne ne s’est vraiment choisi. Le seul point commun entre nous serait sans doute le “ désir de faire du théâtre ”, et en l’occurrence, le texte de Lagarce. Avec les questions qu’il charrie, à commencer par celle-ci justement : pourquoi fait-on du théâtre ? Comment ? Et puis pourquoi on continue ? Où en est-on avec notre désir ? Comment ce désir de théâtre s’accommode-t-il avec la nécessité d’en vivre ? Et ces questions qui travaillent les personnages de cette troupe un peu usée, fatiguée, je voudrais que les acteurs se les posent encore sur scène.
Aussi j’aimerais que chacun puisse prendre la parole en son nom. Peut-être que les intermèdes musicaux suggérés par Lagarce pourraient servir à ça. Délaisser un moment le texte et aménager des espaces d’improvisation pour entendre des gens, des acteurs, parler d’eux à la première personne. Essayer de ne pas prendre la pièce comme prétexte, mais mettre en lumière la singularité de chacun pour éclairer le texte d’autant de points de vue différents.
Et pour que la mise en scène, ou disons le cadre esthétique, ne vienne pas broyer l’identité de ces dix acteurs, j’imagine monter la pièce sans décor, avec simplement les accessoires nécessaires, sans costume à savoir en habits civils – et puisqu’ils sortent de scène tout de même, ils porteront le costume du dernier spectacle dans lequel ils auront joué.

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